THOMAS POLI – CANDOR CHASMA

Pour ces compositions, Thomas Poli troque sa guitare pour un synthétiseur Verbos et un téléscope… Un téléscope ??  Après avoir rencontré le plasticien Flavien Théry et été touché par son travail, Thomas Poli jouera dans le cadre d’une exposition de l’artiste un set électronique, qui révèlera leur complicité et fera naître leur envie de collaboration. Le plasticien lui parle alors de son travail à venir autour de la planète Mars et confie au compositeur la mise en musique ou une traduction musicale de son oeuvre. Épris d’un contexte plastique et géographique, Thomas Poli compose huit pièces en se basant sur de vieilles bandes magnétiques à l’aide de son Verbos connecté au magnéto qui lit ces mêmes bandes, et sur son intuition, ses envies, ses instigations sans doute, mais surtout son imaginaire musical. Résultat de cet assemblage heureux : une musique entre drone, kraut-rock, musique contemporaine et électro minimaliste, un univers très inspirant pour l’auditeur, avec, dans le titre de l’oeuvre, un clin d’oeil évident à l’astrogéologie. Faisant fi d’artifices sonores ou autres effets souvent utilisés pour ces musiques, avec une approche assez brute en termes de son et d’instrumentation, Thomas Poli révèle des contrastes assez forts. On pourrait parler de noir et blanc, de quelque chose d’épuré, de répétitif, d’une certaine transe sonore, on fait assez vite le rapprochement avec le contexte de la « commande » qu’est celui du cosmos. Le vide, le plein, le lointain, l’inconnu, le froid, l’aquatique, autant d’éléments qui nous viennent quand on pense à la planète ocre, et qui sont intensifiés et imagés par la proposition musicale assez expérimentale de Candor Chasma. Entre expérimentation (Black hole transients, Warped Transmission, Mars Digger) et parties plus mélodiques comme le « CANien » Mars Boogie ou ce magnifique So long Earth qui clôt l’album, Thomas Poli nous fait perdre pied et nous permet ainsi de nous contextualiser, de quitter puis de reprendre ses repères sonores voire même spatiaux. Cette approche assez nouvelle, ce coup de crayon expérimental qu’il donne, expose une facette jusqu’à alors méconnue du compositeur, mais ne fait que confirmer les intentions toujours curieuses et esthétiques d’un « astronome » sonore résolument libre et audacieux. Et nous ? Nous voilà, presque 40 minutes durant, désorientés, transportés, en apesanteur.

 

 

Photo bandeau : Thomas Poli – Renan Peron (https://www.analogic.fr)

 

 

 

 

Bandcamp THOMAS POLI

Rédactrice en chef de ce site internet, chargée d'info-ressources à Trempo. Passionnée évidemment par la musique, toutes les musiques, mais aussi par la mer et la voile, les chevaux, la cuisine et plein d'autres choses.

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