TIGER LION – THE MOON INSIDE ME

On avait déjà aperçu Clémentine Blue et sa voix haut-perchée au sein des anecdotiques The Dancers ou des Britanniques garage-psyché de Michael A Grammar. La revoilà en solitaire avec Tiger Lion, projet démarré à Brighton puis poursuivi à Manchester et Londres où l’ex-Angevine vit désormais. Suite à un premier essai aux contours folk-pop léchés (Outremer sorti en 2015), The Moon Inside Me se présente comme un second EP concept « autour des cycles lunaires ». Alors oui, dit comme ça toutes les raisons sont réunies pour prendre la fuite – sinon demandez leur avis aux fans repentis de Genesis.
Pourtant loin du disque boursouflé d’ego au concept vaseux, The Moon Inside Me est plus sûrement un recueil de cinq morceaux qui naviguent avec habileté entre ambient et dream pop. « J’ai traversé une période obscure dans ma vie et cela a vraiment affecté mon écriture et mes recherches », explique Clémentine en introduction de sa démarche. In Darkness et Let It Go constituent en ce sens de vraies petits trésors d’épure, seulement soutenus par une guitare ou un piano, et laissent toute latitude à la voix de Clémentine pour exprimer son spleen avec retenue. Quelques arrangements électroniques ou acoustiques sagement dosés habillent le reste pour un résultat d’une amplitude remarquable pour une autoproduction. Et si l’on est un peu moins emballés par les titres suivants, à commencer par Everywhere et ses sonorités flirtant parfois d’un peu trop près avec l’irritant registre new age, on applaudit le travail concédé par Clémentine Blue sur ce disque et son résultat cohérent de bout en bout.
Pas indispensable à l’expérience d’écoute, vous pouvez également faire un tour sur le site www.themooninsideme.com construit en parallèle de l’EP. On y retrouve des réalisations graphiques (images et vidéos) de Clémentine Blue comme autant de miroirs visuels de ses compositions personnelles.

 

Photo bandeau : Tiger Lion – Emmet Green

 

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Grandir dans le quart nord-ouest français, c’est l’assurance de se prendre des litres d’eau sur la tronche à la défaveur d’une météo grincheuse et de passer beaucoup trop de temps dans les bars pour mener la vie recommandée par Michel Cymes. Qu’importe, ça rapproche aussi de Seattle, Portland ou Bristol, Sub Pop, Sarah ou K Records. Et à défaut d’un bronzage impeccable, c’est toujours un bon départ de pris pour s’en aller vous raconter de petites histoires avec beaucoup de passion dedans.

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