TRANZISTOR, UNE NOUVELLE PEAU

Après 60, 61. Mais ce 61 marque un virage, un élargissement de la voie qui n’est plus exclusivement musicale mais bien culturelle. Tranzistor parlera toujours de musique, mais désormais aussi de théâtre, de cinéma, de danse, de littérature, d’arts visuels, de cirque « made in Mayenne ». Rencontre avec le rédac’ chef de Tranzistor, en poste depuis un certain temps, Nicolas Moreau.

Visuel bandeau : Agathe Demois et Vincent Godeau

 

 

60 numéros, 16 ans, ça tient à quoi ?
À la passion !!! Blague à part (quoique…), la longévité de Tranzistor tient sans doute à la stabilité de l’équipe qui le porte (certains sont là depuis le début de l’aventure ou presque). Les différentes évolutions qu’a connues Tranzistor ont aussi sans doute permis d’éviter une certaine routine, qui aurait pu gagner l’équipe comme le public. Le magazine a changé plusieurs fois de formats et de maquettes, et surtout s’est décliné au fil des années en site web, émissions de radio, hors-séries, compiles, concerts, etc.

Ça fait un moment que tu portes Tranzistor, quelles évolutions vois-tu dans ton travail de récolte, traitement et diffusion de l’info ?
Internet a fondamentalement changé la donne, aussi bien dans la façon dont on récolte l’info, que dans la manière dont on appréhende sa diffusion. Face au numérique, face à l’immédiateté et au caractère non-hiérarchisé de l’info qu’il induit, nous pensons qu’un magazine papier, qui plus est publié trois fois par an, a vocation à prendre du recul sur l’actualité, privilégier les sujets de fond, les articles grands formats, la qualité des contenus images (photos, illustrations…), etc. Ça tombe bien, c’est ce qu’on essaie de faire depuis déjà quelques années avec Tranzistor. La nouvelle formule permet d’approfondir encore davantage cette direction.

 


Visuel pour le dossier « Que fait l’art à l’école » : atelier théâtre – Florian Renault

 

Comment avez-vous imaginé la nouvelle formule, qu’est-ce que vous vouliez changer dans le fond comme dans la forme ?
Le changement majeur d’abord, c’est qu’après 15 ans passés à l’écoute des musiques actuelles, Tranzistor élargit sa focale à l’ensemble du champ culturel et artistique en Mayenne (musique, danse, théâtre, cirque, arts visuels, littérature, cinéma). Cette évolution correspond à une évolution du secteur des musiques actuelles sur le département, qui rend moins nécessaire l’existence d’un média spécialisé : meilleure prise en compte de ces musiques dans les politiques publiques, intégration dans les actions des structures culturelles généralistes…
Sur la forme, l’objectif était de gagner en lisibilité et confort de lecture, pour proposer une mise en page plus aérée, donnant plus de place à l’iconographie, etc. Concrètement, cela se traduit par un agrandissement du format, un passage à la couleur, quelques pages supplémentaires et une maquette complètement repensée.

L’élargissement au champ culturel dans son ensemble, alors que jusqu’à présent tu traitais uniquement la musique, t’a demandé de nouveaux contributeurs ? de nouvelles sources. Une veille plus intense ?
Cette évolution s’inscrit dans celle de Mayenne Culture, qui édite Tranzistor. L’association a élargi récemment ses domaines d’intervention (musique, danse, théâtre, arts visuels, cinéma). C’est donc désormais toute l’équipe de Mayenne Culture qui collabore à la conception du magazine et de tous les supports qui lui sont liés. Associées, les compétences de chacun permettent d’avoir une vue d’ensemble du champ culturel en Mayenne. Nous continuons également d’associer à Tranzistor une équipe de contributeurs bénévoles. Une équipe qu’il va effectivement falloir élargir, suite à cette évolution.

 

Dernière page du magazine, carte blanche à un photographe – Cyril le Tourneur d’Ison

 

La partie illustration est confiée à un illustrateur ou une illustratrice. Sur quel(s) critère(s) tu les sélectionnes ?
L’objectif, avec cette nouvelle formule, est de faire la part belle à l’illustration, qui apporte une vraie plus-value au magazine. Il s’agit aussi de valoriser le travail de graphistes ou d’illustrateurs locaux. Notre premier critère de sélection est donc territorial : nous faisons appel à des illustrateurs entretenant un lien fort avec le département : qu’ils y soient nés, qu’ils y résident ou qu’ils soient venus y travailler (résidences, etc.). Et il y a de la matière : le 5.3 est riche en illustrateurs de talent.

Une compilation et un concert viennent compléter la sortie du magazine. Quels sont les objectifs de ces deux projets satellites ?
Depuis 2005, tous les deux ans, le magazine est accompagné d’une compilation, poursuivant l’objectif qui est le nôtre depuis le départ : valoriser la scène locale et lui donner une exposition la plus large possible. Il ne s’agit pas d’un « best of », ni d’une sélection d’artistes exclusivement émergents. Même si on privilégie les nouveaux projets, il y a aussi sur la compile des artistes plus confirmés : l’idée étant de dresser à un moment « t » un panorama un tant soit peu représentatif de la scène musicale locale.
Organisés avec la ville de Laval, les concerts « Tranzistor on air » créent l’évènement. La compile est lancée à cette occasion : deux concerts gratuits dans le cadre très classieux du Théâtre de Laval, qui permettent aux musiciens figurant sur la compile de jouer devant 1000 personnes, mais aussi de se rencontrer et d’apprendre à se connaître. Histoire de resserrer encore davantage le maillage du réseau…

 

Couverture Tranzistor n°61

 

Quels sont tes coups de cœur mayennais du moment (musique, théâtre, littérature, danse…) ?
Sans parler de « coup de cœur », j’attends avec impatience le 7e album de Degiheugi (dont un titre figure en exclu sur la compile Tranzistor). Ce disque, je l’espère, devrait encore accroitre son audience auprès des pros, des médias et du public. Pressé aussi de découvrir (S)acre, le nouveau spectacle du chorégraphe David Drouard, interviewé dans le dernier numéro de Tranzistor. Enfin j’entame toute juste la lecture du dernier roman de Charles Robinson, Fabrication de la guerre civile, écrivain accueilli en résidence en Mayenne en 2017-2018 par l’association Lecture en tête. Nous lui avons donné carte blanche pour un feuilleton, qui sera publié dans les trois prochains numéros du magazine.

 

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Rédactrice en chef de ce site internet, chargée d'info-ressources à Trempo. Passionnée évidemment par la musique, toutes les musiques, mais aussi par la mer et la voile, les chevaux, la cuisine et plein d'autres choses.

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