LES TROPICANTES : FESTIF ET SOLIDAIRE

L’association Coraçao do Brasil fête ses 25 ans et organise pour l’occasion son 1er festival en collaboration étroite avec les autres associations nantaises de culture brésilienne. Tropicantes se tient sur une journée entière, le samedi 8 juillet. Rencontre avec Maureen, membre de Coraçao et partie prenante bénévole dans l’organisation des Tropicantes.

Visuel bandeau : Prisca Baverey

 

Qu’est ce qui caractérise la culture brésilienne ?
L’aspect festif, la musique jouée dans la rue, une musique de transmission orale, une musique populaire, une culture de la fête, un vrai sens du partage. Au Brésil, il y a les carnavals qui montrent bien tout cela, cette fête de la rue avec la musique, les costumes etc.

Est-ce que l’on retrouve des associations qui valorisent ces cultures dans toutes les villes de France ?
Oui, on retrouve des associations dans toutes les grandes villes, à Nantes il y en a même quatre. Et en campagne, on trouve beaucoup de batucadas. Je crois que cet engouement pour les batucadas ou sambas vient du fait qu’on joue dans la rue, simplement, sans notion de niveau, qu’on apprend sur le tas. C’est accessible. Pour en revenir au fait qu’il y en ait quatre à Nantes, cela vient vraiment du style. L’association Batala joue du samba reggae, Macaiba interprète plutôt des morceaux maracatu et Flor Carioca est orientée carioca.

Coracao fête ses 25 ans, qu’est ce qui explique cette longévité ?
L’asso a connu des hautes et des bas, mais ce qui fait que cela dure, c’est bien les événements, le fait que l’on joue régulièrement, que l’on organise des choses. Ce sont ces évènements qui soudent les gens, qui les motivent. On joue très régulièrement entre mai et octobre en prestation, et on organise aussi des choses par nous même comme les Tropicantes par exemple.

 

Teacher Jekyll – Thomas Fillanneau

 

Le projet de monter ce festival vient de quoi ?
En fait, à la base, on voulait fêter nos 25 ans, comme on avait fêté nos 20 ans à Stereolux. Mais, on s’est dit qu’on voulait sortir du cercle des initiés, jouer dans la ville, toucher plus de monde, proposer des choses sur une journée et une soirée. Dans la proposition artistique, on a souhaité proposer quelque chose de bien plus large que la culture brésilienne, on s’est arrêté sur les cultures tropicales. On est partis de rien, vu que l’on n’avait jamais organisé de festivals, et on a contacté une trentaine d’associations autour des cultures brésiliennes. On a ensuite trouvé le juste milieu entre bals, initiations, démonstrations, danse et musique. Ce sont tous des projets locaux. On est vraiment allés au delà de la culture brésilienne. Sêmbar qui joue le soir est à la frontière entre musique africaine et brésilienne, Calyp’s Atlantic est une structure nantaise autour de culture de Trinidad et Tobago, et  Teacher Jekyll mélange latino, électro, vintage, parfois même hip-hop, un joyeux mélange.

 


En dehors de la partie concert, vous proposez des ateliers, y-a-t-il une pédagogie propre à ces cultures ?
La transmission orale, une pédagogie proche de l’imitation. On n’est pas obligés d’être musiciens quand on intègre une bateria, on suit le mestre, et on commence par chanter l’air de son instrument avant de le jouer. Dès lors que chacun chante bien le son de son instrument, on prend son instrument et on joue le morceau.

Compte-tenu du volume développé par ces musiques, le fait de jouer dans le centre ville n’a pas posé de problème ?
Les deux lieux nous ont été proposés par la Ville, on a rencontré les commerçants qui sont ravis de voir le quartier animé. Il y a aussi de la déambulation tout au long de la journée du côté de la Place Graslin, de la Place Royale, sur le Cours des 50 otages, la musique sera présente en ville.

Vous proposez des stands présentant de l’artisanat, des produits estampillés commerce équitable, c’est inhérent au projet ?
Pour nous, c’est une évidence, il y a certes les stands de vente, mais aussi des temps de présentation, de mini-conférences autour des actions des uns et des autres, c’est le cas de Madagascar Solidev ou encore la Valise de Maryse, association autour du Sénégal. On cherche bien sûr à valoriser ces cultures et ces pays, et pour nous, à Nantes çà doit particulièrement résonner à Nantes, compte-tenu de l’histoire de la ville.

 


Calyp’s Atlantic – DR

 

Il pourrait y avoir une deuxième édition au festival ?
Et bien, on s’est déjà posé la question, on aimerait vraiment. Il y a peu d’espace à Nantes pour valoriser ces musiques tropicales. On verra le 8 juillet comment le public répond à notre invitation, mais on sent un certain intérêt autour du projet. De notre côté, on se rend compte que le plus dur quand on monte un événement, c’est quand même la première édition. Il faut tout inventer, entre bénévoles, donc cela prend du temps. Alors, on se dit que toute cette énergie passée sur le projet doit pouvoir servir la suite, ce serait trop bête de ne pas continuer, donc on en parle. Le festival pourrait peut-être tourner dans son portage entre les quatre associations nantaises de batucada, mais on en est au stade de l’idée, il faut qu’on en parle plus précisément…

 

Site CORACAO DO BRASIL

 

 

Coup de coeur de Maureen, Meta Meta, nouveau venu sur la nouvelle scène brésilienne

 

◊ Sons do Brasil 2013 ◊ METÁ METÁ ◊ from Vincent Moon / Petites Planètes on Vimeo.

Rédactrice en chef de ce site internet, chargée d'info-ressources à Trempo. Passionnée évidemment par la musique, toutes les musiques, mais aussi par la mer et la voile, les chevaux, la cuisine et plein d'autres choses.

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