WARM : LES CHEMINS DE TRAVERSE

Projet ambitieux que de monter un label de musiques plutôt électroniques et expérimentales. Warm se jette dans le bain de l’édition, pas que discographique d’ailleurs, puisque des collections vont voir le jour en fin d’année. Après Quartz Locked – Wave 91,6, ce sera Ply (nouveau projet de Mathias Delplanque et Guillaume Ollendorf), puis d’autres qui seront publiés sur le label lavallois. Le début d’une belle histoire, fêtée ce jeudi au Chien Stupide. Entretien avec Willy.

 

Photo bandeau : Warm © DR

 

Peux-tu présenter le label ?
WARM est un label qui est dédié aux musiques électroniques et expérimentales. D’une manière générale, tous les genres musicaux nous intéressent du moment que les propositions musicales relèvent vraiment d’expérimentations, échappent aux « recettes » déjà connues, osent et affirment une identité. Ce sont ces œuvres qui nous enthousiasment. Nous nous intéressons aux chemins de traverse, aux surprises.

Pourquoi monter un label ?
Justement pour que ces œuvres singulières puissent, même modestement, être diffusées et aussi exister sur des supports physiques comme le vinyle. Quand on achète un disque, qu’on en dispose dans sa discothèque, il continue d’exister dans le temps. Ce qui n’est quasiment pas le cas des œuvres dont on ne dispose qu’en numérique.

Qu’est ce qu’un label indépendant pour toi ?
C’est essentiellement la possibilité de construire librement sa ligne éditoriale, de faire, d’assumer et de défendre des choix artistiques.

Vous parlez de singularité plutôt que de genre comme porte d’entrée. Qu’est ce que cela signifie ?
Oui, car ce qui nous intéresse avant tout ce sont des identités affirmées, des démarches et des recherches originales, des compositions marquantes.

Vous allez éditer un 1er vinyle ces jours-ci à 400 Ex avec un flex 45t pour 250 ex d’entre eux, pourquoi ce format et ce tirage limité ?
Nous débutons et nos moyens ne nous permettent pas d’envisager dans l’immédiat des tirages plus importants. Il faut aussi se faire connaître et bien souvent, comme dans d’autres domaines, il faut faire ses preuves, construire son catalogue, développer son réseau et établir des relations de confiance avant d’être crédible et reconnu. Et, artistiquement, les œuvres que nous allons éditer sont difficiles à promouvoir auprès d’un public plus large que celui qui s’y intéresse déjà. Le choix du support, quant à lui, est assez naturel. C’est d’abord une histoire de goût personnel. Le disque vinyle est un objet merveilleux, le format de la pochette est aussi un espace de création que nous entendons bien utiliser. Il y a aussi les qualités sonores du vinyle qui, contrairement à ce qui se dit parfois, ne sont pas supérieures à des fichiers numériques de qualité, mais différentes, plus « chaleureuses », plus « réelles ».

 

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Votre premier projet de disque, Quartz Locked – Wave 91,6, est intimement lié à une expérience radiophonique originale ?
Oui, l’invitation faite à Quartz Locked de réaliser ce premier disque est lié à l’existence de matières sonores collectées et enregistrées depuis plus de 20 ans. C’est une véritable mine d’or enrichie quotidiennement. Il s’agit de bandes et de cassettes achetées à l’occasion de vide-grenier, trouvées dans la rue, de morceaux ou d’enregistrements envoyés par la poste par des musiciens voulant contribuer à ce projet (d’où le nombre considérable de références créditées sur le disque), d’enregistrements de lectures poétiques, comme sur le morceau Mantra, de concerts, de conversations, de soirées, etc. Et effectivement certaines d’entre elles ont été utilisées ou réalisées (création notamment d’anti jingles) dans le cadre d’un projet radiophonique particulièrement singulier.

Comment vivez vous cette expérience de label à Laval ? Y-en-a-t-il d’autres sur la ville ? Avez-vous des connections avec des salles, des groupes ?
Très bien. Ce projet est très bien accueilli. Il y a et il y a déjà eu des labels qui se sont montés à Laval. La ville et le département soutiennent des projets de créations musicales et nous disposons d’une salle, le 6PAR4, particulièrement dynamique. Le deuxième album que nous allons sortir vers la fin du mois de mai a été réalisé par deux musiciens de Laval, Juan Pablo Espinoza et Hervé Moire, qui d’ailleurs se produiront à l’occasion de la prochaine édition du Festival des 3 Éléphants.

Vous allez éditer 4 albums par an, peux-tu nous en dire plus sur ces projets ?
Oui, nous souhaitons sortir quatre albums par an. En plus des deux projets que j’ai déjà évoqués, nous préparons un disque avec le groupe Ply (Mathias Delplanque et Guillaume Ollendorf). Il sortira au début de l’automne. Pour la suite, ce n’est pas encore décidé mais les idées ne manquent pas. WARM c’est aussi une maison d’édition et nous préparons aussi la sortie de deux livres pour lancer deux collections, « Photo-Graphie » et « Nature contrarier ». Le premier livre de la collection « Photo-Graphie » sortira au début du mois de mai, il s’agit d’un livre intitulé Julien Mérieau, astonish me / Étonnez-moi !, la rencontre entre le poète, photographe et réalisateur new yorkais, Gerard Malanga, figure emblématique de la Factory de Warhol, et du photographe nantais Julien Mérieau. L’autre collection sera inaugurée à l’automne avec la sortie d’un livre de l’écrivain et journaliste Adrien Gombeaud qui enquête sur la Bièvre, rivière souterraine et mystérieuse de Paris. Les livres de cette collection pourront être accompagnés de créations sonores.

 

Site WARM

 

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Rédactrice en chef de ce site internet, chargée d'info-ressources à Trempo. Passionnée évidemment par la musique, toutes les musiques, mais aussi par la mer et la voile, les chevaux, la cuisine et plein d'autres choses.

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