WELCOME TO THE CLUB!

Ce mercredi 9 septembre, Miossec déboule à Angers en formule « Petit Ensemble » pour une soirée CLUB! Le concept de ces soirées CLUB! ? Une petite formule dans un petit lieu, en l’occurence le Boléro. Dans ce club mythique dans les années 80/90, boîte de nuit encore en activité, Germain Kpakou propose avec son agence YLLW des concerts au gré des envies. Si ce concert de Miossec est déjà complet depuis plusieurs semaines, l’occasion de parler de ce projet et de ce qui se passe du côté d’Angers est toute trouvée. Welcome to the Club comme chantaient les Thugs !

Photo bandeau : soirée CLUB! « Nineteen Something« au Boléro le 21/09/2015 : © DR

Qu’est ce que YLLW et quels sont les objectifs ?
YLLW, ça se prononce Yellow. J’ai enlevé les voyelles. J’aime bien le jaune. Cela me rappelle le soleil. J’ai monté cette entreprise en septembre 2014. On appelle ça une agence d’ingénierie culturelle, à savoir de la production ou de la coordination d’événements et du management.

La création de cette structure répond-t-elle à un manque ?
La création de cette structure était dûe à ma situation professionnelle. J’avais envie de développer mes propres projets et de n’en faire qu’à ma tête. J’ai donc monté l’agence.

Parle nous des soirées Club!.
CLUB! c’est un concept de soirées que l’on a lancé en relation étroite avec un lieu, Le Boléro. C’est un petit club dans le centre ville d’Angers qui a écumé des générations de danseurs euphoriques. Après quelques essais et tests, nous nous sommes mis en tête d’y faire un peu plus régulièrement des concerts. De là est né CLUB !, une marque de concert. L’idée c’était de mettre à profit la si petite taille du lieu pour avoir un confort d’écoute et une proximité avec l’artiste. À cela vient s’ajouter la sélection de produits et de vins locaux pour permettre la meilleure expérience possible du public. Rapidement, on devrait capter les concerts avec une entreprise locale, Morgan View.

Est-ce possible financièrement de proposer des soirées avec des artistes notoires dans des petits lieux ?
J’espère. C’est un très subtil mélange de négociation avec l’artiste, de réduction des coûts de production, d’ingéniosité et de nombre de coudes sur le bar. Les Anglais y arrivent, les Américains y arrivent, pourquoi pas nous ?!

Quelle complémentarité (artistique, du point de vue du projet…) trouves-tu avec un lieu comme le Chabada ?
La complémentarité est totale. Le Chabada est la salle historique de la ville. Ils ont une programmation à l’année qui entre dans le cadre d’une délégation de service public et ils répondent du mieux possible depuis près de 20 ans. Pour notre part, on ne réagit à aucune demande, aucune délégation. On fait les choses de manière totalement privé. On ne travaillera qu’à l’opportunité. Un concert, un artiste ou une envie se présente, on fera le concert. Pas d’envies, pas de concert. On a le beau rôle à ça prêt que l’on n’est pas aidé. La salle ne tourne pas sur les concerts mais sur l’activité de boite de nuit donc on a aucune notion de remplissage à tenir. On programme ce que l’on veut. Ca devrait rester plutôt confortable.

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Quel regard portes-tu sur la ville d’Angers en termes de musique ?
Enjoué et lassé. Enjoué quand je vois tout ce qu’il s’y passe et lassé quand je vois tout ce qu’il ne s’y passe pas. On a un trésor dormant ici à Angers. Mais peut-être faut-il tout simplement du temps ? On est plusieurs à penser que le temps est venu et qu’il faut libérer un peu les énergies à disposition. On a de bons exemples ici, la ville d’Austin avec laquelle on est jumelée par exemple. Les concerts au Boléro seraient un épiphénomène là-bas. À Angers, l’attention que ça suscite laisse à penser qu’il y un public friand de nouvelles formes.

Qu’est ce que tu entends par « trésor dormant » ?
Des groupes dont on entend pas parler à Angers mais qui font le tour du monde, des techniciens compétents qui ne travaillent jamais dans leur ville, des producteurs de festival qui produisent partout sauf à Angers, des lieux magiques dans lesquels on n’organise jamais de concert, un château médiéval magnifique qui ne voit pas de musicien, des quais de Maine qui sont trop souvent vides… bref : on peut en faire plus !

Tu as pas mal d’expérience dans le milieu (bookeur, musicien…) . Qu’est ce que tu aimerais faire que tu n’as pas encore fait ?
Je ne cherche pas la collection. La première raison de tout ça c’était la musique que je jouais. Pour la jouer, tu montes une asso. Pour faire vivre l’asso, tu organises un concert. Pour faire des concerts, tu book des artistes. Pour booker des artistes, tu montes une boite. Pour monter une boite, tu investis tout ton temps dedans, et à la fin tu n’es plus musicien que 3 heures par mois. Ce que j’aimerais faire que je n’ai jamais fait, c’est trouver l’équilibre ! Je ne me plains pas mais en tant que musicien,  je me demande parfois si tout cela a un sens.

La musique en 2015 ?
La musique en 2015, je la regarde déjà dans le rétroviseur. Je suis assez concentré sur la musique en 2020. Avec d’autres boites à Angers (Radical, Yotanka, …), nous avons écrit une perspective que nous avons nommée « 2020 Angers Musique ». L’idée, c’est de dire qu’avec quelques bonnes décisions politiques et de filière, on peut faire d’Angers une ville de musique. On fera le bilan en 2020 et on verra si on a eu le nez creux.

Tu parles de la musique en lien avec Angers ? C’est important pour toi de défendre son territoire ?
C’est crucial ! La différence c’est ça, les gens, les réseaux, le maillage. Plus ton territoire est fort et organisé, plus tu es visible. Aujourd’hui, l’enjeu d’un territoire, c’est bien de se rendre visible, de continuer à attirer du public et des citoyens. La musique a cette faculté d’apporter une image très positive d’un territoire. Voilà ce que je défend, je prêche pour ma paroisse.

La musique en France et ailleurs sinon ?
La musique en 2015 en France par contre, de manière générale, je m’y retrouve. J’aime le chemin que prends la langue française par exemple. On commence à pouvoir s’amuser sur des morceaux chantés en français et ça, ça me plaît. Je rêve d’un peu plus de fond encore, de choses plus engagées émotionnellement parlant, des choses un peu plus vraies. Je suis vague mais c’est difficile de résumer une année en trois lignes. Pour le reste du monde, j’attends de voir avec quelle musique vont débouler les migrants : j’ai hâte !

 

 

Site des soirées CLUB!

Rédactrice en chef de ce site internet, chargée d'info-ressources à Trempo. Passionnée évidemment par la musique, toutes les musiques, mais aussi par la mer et la voile, les chevaux, la cuisine et plein d'autres choses.

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