XAVIER MERLET – A.O.C.

Vous avez dit radical ?!
Oui, radical. Radical cet album l’est tout d’abord parce qu’il provient du besoin de faire un « reset », comme Xavier Merlet l’explique lui même. Il a appuyé sur le bouton « reset » pour remettre ses paramètres par défaut, ce qui donne un disque très dénudé, les mots, la/les guitare-s. À l’instar d’un Georges Brassens qui détestait les habillages chargés et potentiellement trompeurs, Xavier Merlet propose avec cet album une version sans artifice, sans « arrangement » de chansons qui valent pour elles-mêmes, paroles et musiques. Il faut tout de même mentionner qu’il y a un « guitariste en plus » sont il dit qu’il est une sorte d’autre lui-même en la personne de Marc Brébion qui fait de très jolies choses par ci par là dans cet album radicalement dénudé. Esthétiquement, voilà qui fleure bon la chanson à texte à la façon des cabarets du quartier latin, la rive gauche de l’après guerre.
Radical ensuite parce que motivé initialement par une réaction au propos de Nadine Morano qui, comme d’autres (la chanson Variété française est une adresse à Marine, qui se reconnaitra), asséna cette idée fallacieuse que la France est un pays de « race blanche ». Il n’en fallait pas plus (c’est déjà beaucoup) pour que Xavier Merlet monte au créneau. Non pas à la manière d’un pamphlétaire mais avec sa capacité de dérision et d’auto-dérision. D’où le titre A.O.C. qui donne la direction générale de l’album et nous apprend que l’auteur a « la fesse droite auvergnate ».
Evidemment, il ne s’agit pas d’un album thématique et, si le souci de l’autre y est souvent présent, autre différent mais pas étranger, on y trouve aussi des chansons qui parlent d’autres maux de l’époque et du quotidien. Procrastiner est de celles-là qui évoque une vie en attente d’exécution sur un air swing dont la coda donne la mesure du talent de l’alter égo guitariste. Il y a aussi cet Anticyclone qui, en ces temps climatiques troublés, évoque plutôt le burn-out qui guette et suggère un peu de paresse pour y échapper.
Enfin, j’ai un faible pour une chanson un peu fragile, maladroite et touchante, Joli cerveau qui dit bien des jolies choses sur un bel accompagnement de guitare et se conclue sur un triple « Je t’aime » qui ne laisse pas indifférent.
Mention spéciale à un petit exercice de style avec les incommodes rimes en « ouille » (y’en n’a pas tant que ça !) dans la chanson Ouille qui, ici encore exhorte à l’ouverture, la tolérance et la fraternité.

On pourra être dérouté par les partis pris par Xavier Merlet dans cet album radical (Larousse : qui appartient à la racine) mais il s’en dégage un charme sans afféterie qui conviendra aux oreilles en quête de sincérité et lassées des sirops trop suaves.

Photo bandeau : Xavier Merlet – DR

 

 

Site XAVIER MERLET

musicien, passeur et acteur associatif.

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