ZENZILE – ELEMENTS

Rester à la fois cohérent et singulier tout en s’ouvrant à une multitude d’influences, préserver un peu de son ADN originel pour les fans les plus anciens, pouvoir capter l’intérêt d’un public de plus en plus large, rester excitant, avoir encore quelque chose à dire au bout de 10 albums… La somme de ces exigences pourrait donner des sueurs froides à plus d’un groupe. Pas à Zenzile… Avec Elements, nouvelle B.O d’un spectacle audiovisuel déjà testé en public à quelques reprises, les angevins défient à nouveau les lois du temps. Oui, il est bien question ici d’une musique intemporelle, un élixir de jouvence éternelle dont la recette testée il y a 10 ans, avec Living In Monochrome, fonctionne toujours à plein régime. Recette ? Le vilain mot… Parlons plutôt de savoir-faire. Puisant inlassablement dans ses obsessions dub, pop, psyché et post-punk, Zenzile continue à surprendre encore un peu par le biais de nouveaux concepts (le ciné-concert Berlin en 2014) ou de nouvelles voix (la chanteuse Zakia Gallard dans le cas présent), mais aussi et surtout à produire de vrais grands morceaux. Et c’est bien là l’essentiel. Elements donc… Soit les thèmes de l’eau, de la terre, de l’air et du feu. Des thèmes dans lesquels on attend de pouvoir s’immerger sur scène, en son et en images, mais qui apparaissent ici bien secondaires, tant chaque titre se suffit à lui-même. Ou alors l’air seul… Oui… Un thème unique pour un album synonyme de lévitation, d’apesanteur, de planerie intense. Dès l’intro du bien nommé Bird, la voix de Zakia donne le signal d’un envol vers de très hautes sphères… Des synthés bleu ciel pour une « feel good music » aérienne, loin des concepts lounge lourdingues. Un peu de gris anthracite aussi sur l’orageux Outsight, tube post-punk certifié sur lequel la basse de Matthieu Bablée fait des miracles. On pense à Siouxsie & The Banshees, puis à The Cure sur l’instrumental Dry, à du Blondie remixé sous acide pour Présence … Plus new wave que jamais Zenzile ? Ce serait sans compter sans les accents krautrock de Stellar ou la ballade pop finale de Poly. « I’m alright », chante Zakia sur fond de claviers kaléidoscopiques. Ca tombe bien, nous aussi…

 

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